Comment la science-fiction pense l’intelligence artificielle ?

Le 18 janvier dernier, Li-Cam était l’invitée de la journée « Comment la science-fiction pense l’intelligence artificielle ? – Regards croisés de France et d’Asie », organisée par Bibliothèque municipale de Lyon et l’Université Lyon 3. Elle nous partage ici son retour d’expérience.



Le 18 janvier dernier, j’étais invitée à intervenir aux côtés de l’autrice chinoise Xia Jia à l’occasion de la journée « Comment la science-fiction pense l’intelligence artificielle », organisée par la Bibliothèque municipale de Lyon et l’Université Lyon 3.

Une journée qui avait pour enjeu de croiser les regards de chercheurs et d’écrivains de France et d’Asie autour du sujet désormais récurrent de l’intelligence artificielle, et dont il est possible de consulter le programme ici.

J’ai ainsi pu faire la connaissance de Xia Jia, physicienne de formation, dont les nouvelles ont remporté six prix aux Galaxy Awards for Chinese Science Fiction et six Nebula Awards for Science Fiction and Fantasy in Chinese. En France, ses nouvelles ont été publiées dans la revue Jentayu, qui s’est fixée pour enjeu de faire découvrir les nouvelles voix d’Asie.

L’intitulé de notre table ronde, « L’intelligence artificielle : désenchantement ou réenchantement du monde ? » , traduite en direct par Gwennaël Gaffric et modérée par Sylvie Lainé, a été l’occasion pour moi d’évoquer mon ouvrage Résolution : une utopie humaniste parue à la Volte dans la collection Eutopia, et ma façon de travailler. Avec Xia Jia, nous nous sommes retrouvées dans nos parcours, autour de la musique et dans notre façon d’appréhender l’IA comme un apport positif en terme d’éducation, notamment.

Au travers de Résolution, je suis partie de la dystopie, de l’effondrement, de la guerre de l’information, pour construire une utopie, une communauté de scientifiques et de citoyens aidée par une IA bienveillante programmée par Wen, une jeune femme atypique aux dispositions particulières. Pour la programmation de l’IA et pour la gestion quotidienne de l’Adelphie, Wen est assistée par deux co-pilotes, Yao et Simon. Bien que les Adelphes rencontrent des difficultés, Résolution reste une utopie d’une part parce que Sun, l’IA programmée par Wen, permet de rapprocher et de guider les humains, mais également parce que la vie de l’Adelphie s’organise autour de nouvelles règles au service d’un objectif complètement / radicalement utopique : sauver le monde.

Si je n’ai pu assister à la deuxième table ronde « Comment réinventer les rapports humains-IA au-delà des peurs et des fantasmes ? », qui réunissait l’auteur japonais Taiyô Fujii – auteur de science-fiction publié chez Atelier Akatombo, une nouvelle maison d’édition française consacrée à la fiction japonaise – et Olivier Paquet, j’ai néanmoins pu me faire dédicacer par Taiyô Fujii son roman Nuage Orbital, ainsi que sa nouvelle Battle Loyale ; avis aux collectionneurs, cette dernière est parue dans un ouvrage hors commerce tiré à 50 exemplaires, qui contient également un extrait de Serii, un manga de Takehito Moriizumi. Deux ouvrages que je vais lire avec grand intérêt.

Grande déception : aucun des textes de Xia Jia n’était disponible , ce que je regrette car en tant que lectrice, j’affectionne le format des nouvelles. Je lirai ce que je pourrais trouver et j’encourage les éditeurs – et les lecteurs – français à s’intéresser à ses écrits.

Après l’effort, le réconfort ! Nous avons partagé un repas ensemble, auteurs et éditeurs, traducteurs, modérateurs, organisatrice, et accompagnateurs. Ce fut l’occasion de faire plus amplement connaissance avec Xia Jia et Taiyo Fujii, et qui sait, de tisser des liens amicaux solides dans l’avenir…

Je tiens à remercier Gwennaël Gaffric de m’avoir invitée à participer à cette rencontre, ainsi qu’Audrey Burki, Bibliothécaire à Lyon Part-Dieu, qui a su braver toutes les difficultés logistiques.

Une pensée pour l’adorable fille de Gwennaël Gaffric, qui a pris plaisir à me toucher les cheveux et les ongles pendant le repas, et qui m’a comparée à une fée.


Pour conclure, je cite Résolution : « La culture est au genre humain ce que l’éducation est à l’individu. » Et je pose une question à mes confrères et consoeurs français et asiatiques, car dans Résolution, l’IA adore apprendre de nouvelles chansons :  Et si Sun existait, quelle chanson souhaiteriez-vous entonner avec elle ?